Quand des mutilés intellectuels se proclament Hommes d’Etat. (Deuxième partie)
Revenons encore à l’article de Mahamat Ahmat et observons ce qui a été écrit et essayons de l’analyser non pas mot par mot mais tenons compte de ce qui tient de l’essentiel
L’auteur a voulu donner à son article la forme d’une analyse, puisqu’il cherche éperdument à trouver des preuves à ses allégations. Et lui répondre en suivant le fil de ses idées serait un exercice difficile puisque l’idée de notre compatriote n’est pas ordonnée ; ce qui m’impose, en conséquence, la même démarche désordonnée.
Et donc, l’éditorialiste se pose les questions: Qu’est-ce qu’un arabe? Comment l’identifier ? Par l’élément anthropologique ou par l’élément culturel et de civilisation ?
En lisant ces questions, on se rend compte que « l’homme d’Etat » tchadien soit il a une culture générale très élémentaire soit, comme il en a l’habitude, il cherche à égarer les citoyens. Il détache les éléments d’un ensemble sans pouvoir les reconstituer en ensembles indépendants ; c’est comme s’il nous disait j’ai étudié la médecine, mais sans apprendre l’anatomie topographique ou l’anatomie tout court. Le monsieur ne sait pas que l’élément anthropologique prend en compte tous les aspects qui caractérisent l’Homme notamment son mode de vie. C'est-à-dire que l’étude anthropologique tient compte aussi de l’élément culturel et donc, par extension, la civilisation dont Mahamat Ahmat a bien voulu dissocier.
L’anthropologique ne prend pas uniquement l’élément physiologique, anatomique et son changement de caractère observable (morphologique), mais aussi tout ce qui concerne le style de vie de l’homme. Les caractères observables sur lesquels se base Mahamat Ahmat pour discerner des certificats d’arabité aux arabes tchadiens n’est pas stable du fait des changements que l’être subit dans le temps et dans l’espace ; et du fait croisement génétique. Ceci étant, les arabes ne sont pas différents des zaghawas dont la dernière génération est de teint qui n’a rien à voir la couleur originale zoulou à cause de leur « interpénétration avec… ».
Et donc, chercher à classifier les arabes en arabes restés « semblables à leurs cousins lointains du golf » et d’autres non à cause de leur « interpénétration » avec d’autres entités tribales n’a aucun intérêt en ce sens, qu’au finish, ils sont tous de la même origine. En Ouzbékistan, j’ai rencontré des juifs qui ont tous les aspects des mongoloïdes tout comme on peut rencontrer des juifs blonds aux yeux bleus ; à cause de l’ « interpénétration » raciale aussi. Il faut dire que le juif, à l’origine, n’est ni blanc ni de type mongoloïde.
Le problème est que Mahamat Ahmat, l’anthropologue, n’a pas été généreux pour donner une nouvelle tribu aux arabes « interpénétrés ». Nous l’attendons pourtant impatiemment qu’il le fasse. Nous attendons aussi que Mahamat Ahmat nous invente une nouvelle tribu pour les enfants zaghawas issus de mères arabes puisqu’ils ne sont plus ethniquement pur zoulous, souillés qu’ils sont par le mauvais sang arabe qu’il déteste tant. Et pourtant… (J’y reviendrai plutard).
À moins qu’ils soient des esquimaux ou des pygmées, mais là encore j’ai des doutes, à nos jours, il n’y a pas des gens qui sont restés ethniquement purs. Une sorte de « mondialisation génétique » est en train de se former, et je n’ai pas besoin de citer des exemples.
Mahamat Ahmat doit comprendre que nous ne sommes plus à l’âge de la pierre où les gens vivent en horde consanguine. Qu’il évolue un peu avec les autres. S’il a horreur de l’évolution, qu’il accepte que le monde à évolué et il n’y a plus de place pour le chauvinisme consanguin. Le dernier chef chauviniste et qui fut aussi l’un des champions du racisme s’appelait Adolphe Hitler, et l’on sait comment il a fini. Aujourd’hui, le replie identitaire, même pacifique, est considéré comme un état d’esprit malsain.
A suivre
Albissaty Saleh Allazam