Deby débine par debyes logomachiques.

Publié le par Albissaty

 

 le 8 février 2005, AFP rapportait: Le président tchadien Idriss  Deby a fixé mardi, lors d'un conseil des ministres extraordinaire, les priorités de l'équipe du nouveau Premier ministre Pascal Yoadimnadji, lui demandant de faire de 2005 "le début du commencement du développement du Tchad".

 

Beaucoup des tchadiens l’ont lue, l’information, dès le premier jour. D’aucuns ont eu une irrésistible envie de réagir contre cette énième insulte envers leur honnêteté. Mais ils se sont ressaisis.

 

Mais, pourrait-on se taire lorsque après 15 ans de règne sans partage, 15 ans de mensonge, 15 ans de pillage, 15 ans de promotion des voyous de tout genre, qu’on vienne vous raconter du n’importe quoi ?

 

Bref, nous reprenons  certaines parties du discours du président pour ceux qui ont eu le bonheur de ne l’avoir pas lu, tout en leur disant pardon pour le dérangement.

Ainsi donc, le président disait : "L'année 2005 doit être le début du commencement du développement du Tchad ».

 En d’autres termes, chers compatriotes, le président vous dit que ce n’est pas la peine de prendre l’année 1990 comme la date du commencement de son règne. Considérez seulement l’année 2005 ; celle qui verra le décollage économique de votre pays. Ça, c’est clair. Vous l’avez compris.  

 

"Il faut faire le bonheur du peuple et non son malheur. Il faut reconstituer le tissu familial déchiré par des années de guerre en aidant les Tchadiens à vivre ensemble et mieux", a-t-il poursuivi.

Donc, vous vous êtes battus pendant des années. Et votre guerre a déchiré le tissu social qu’il est venu reconstituer. Il n’a rien à voir avec vos sottises qui font le malheur du peuple et non son bonheur. Mais, ne vous en faites pas. Une fois la constitution révisée, tout cela s’arrangera grâce à lui. Il vous aidera à oublier vos querelles.

 

"Assurer la sécurité du peuple tchadien doit être la grande priorité du gouvernement", a également insisté le chef de l'Etat.

  C’est terminé ! Avec le nouveau gouvernement, aucun membre du clan ne vous touchera. C’est le vrai terminus de la kermesse du désordre.

 

"Pour réussir, il faut être entreprenant, assurer la justice pour tous, éviter que les faiblesses se perpétuent et arrêter le gaspillage des ressources nationales", a-t-il encore indiqué.

Comme vous n’êtes pas entreprenant, vous ne pouvez pas réussir ; en plus, vous devez assurer la justice…stop ! Là, je n’ai rien compris, franchement ! Qui doit être entreprenant et qui doit assurer la justice, et surtout qui doit éviter que les faiblesses ne se perpétuent etc. c’est vous ou bien c’est lui ? Bon, ok ! Passons !

 

"Il faut mettre de l'ordre dans les dépenses publiques et penser aux militaires qui ne bénéficient pas de salaire indiciaire depuis 1975", a conclu le président Idriss Deby.

Donc, vous voyez bien que depuis « le temps » de Tombalbaye, les militaires gagnent mal ; ce n’est pas parce qu’il a  voulu réparer cette injustice en laissant ses parents puiser quelques billets de banque directement au trésor ou à la douane que vous l’emmerdiez ! Ça ne va pas non, chez-vous! 

 

La réplique du premier ministre suivra

 

Albissaty Saleh Allazam.

 

 

19/08 :Tchad: Deby débine par debyes logomachiques.(suite)

 

 

Et le tout nouveau premier ministre prend la parole

A voir de près, le premier ministre n’a rien ajouté au discours du chef de l’Etat.

Ce que l’AFP a cru bon de rapporter comme réplique du chef du gouvernement par rapport à l’intervention du président, n’est autre chose que la reformulation du discours de ce dernier, celui du Deby, comme vous pouvez le constater. Mais, mieux formé que son patron dans l’art de discourir, le chef du gouvernement a en quelques mots, et, dans une seule phrase, résumé tout les propos pléonastiques de Deby.

Et voici le premier passage du discours du chef du gouvernement : "
Nos actions doivent tendre vers la préservation de la paix sociale, le développement économique et le renforcement de l'unité nationale".

Comme il est dit plus haut, c’est l’équivalent de ce que le président nous a causé concernant la « reconstitution du tissu national, ne pas perpétuer les faiblesses (je ne sais pas de qui) et patati et patata » comme si le peuple tchadien a pour la première fois à faire à lui.

"Nous avons l'obligation de loyauté et de solidarité fondée sur des convictions partagées, l'action concrète, l'efficacité, le sens de responsabilité et la discrétion", a ajouté le chef du gouvernement.

Ici, on ne sait pas le premier ministre parle de l’obligation de loyauté envers qui. Envers Deby ? Cela, nous le croyons, puisque cette loyauté est associée à « une solidarité fondée sur des convictions partagées (…) et la discrétion. »
Mais dire qu’il s’agit d’une loyauté envers le peuple, hum…c’est discutable.

En fait, qu’est ce que le mot discrétion vient foutre ici ? Surtout qu’au pays des Sao, il n’y a pas de discrétion, qu’il s’agisse de celle dont parle Pascal, c'est-à-dire le détournement de denier publique ou autre. D’ailleurs, le chef de l’Etat s’en fou de cette discrétion-là.
N’est-ce pas les Toyota militaires ramassent des sacs pleins de billets de banque en plein jour, du trésor, au vu et au su de toute la plèbe lassée de faire des remarques !

L’AFP continue : M. Yoadimnadji a demandé aux membres de son équipe "d'agir plus et de parler peu pour laisser le peuple juger le gouvernement à ses actes". "Aux critiques de l'opposition, il faut répondre par des solutions concrètes aux sollicitations du peuple tchadien", a-t-il conclu.

Eh bien, où est cette équipe-là ? Elle est déjà défaite par le président sans l’avis du premier ministre, après trois mois de ce fabuleux discours.

Ce qui est choquant dans cette histoire, est que le président et ses compagnons sont convaincus que les tchadiens sont des nains intellectuels à qui ils peuvent raconter les titimés (fables) les plus invraisemblables sans rencontrer aucune objection.

Pauvres tchadiens que nous sommes !

Albissaty Saleh Allazam

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Publié dans Actualité

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