La France doit revoir sa politique au Tchad

Publié le par Albissaty

La question que tout citoyen tchadien s’était posée et continuera à se poser légitimement, depuis des décennies, est : quand cette situation de misère finira-t-elle, et comment. Dire que le pays va mal est un euphémisme. Les tchadiens ne savent plus à quel saint se vouer. Ceux qu’ils veulent prendre à témoins contre la barbarie du régime font la sourde oreille. Ce dernier semble avoir une assurance tout risque de la part de la puissance colonisatrice, notre chère « métropole ».

 

La preuve nous a été donnée par  la dernière sortie de l’ambassadeur français, le 14 juillet 2005 et où ?  À N’Djamena même, la capitale de la république tchadienne où des milliers des citoyens de ce pays, meurent sous yeux par le fait d’une politique aveugle soutenue par son pays. Cette sortie est l’une des marques de mépris que les tchadiens auront du mal à oublier de sitôt.

 

 Les français ne voyaient même pas la nécessité d’intérioriser leurs intentions et leurs mépris  pour la classe politique et les associations de droit de l’homme tchadien.

Le discours du régent français nous a tellement fait couler de l’encre, de salive et même des larmes.

 

 Mais avec du recule, pourquoi s’étonner des propos du très honnête ambassadeur de la république française ! Pourquoi étions-nous si étonnés pour ces « quelques mots » largués à l’encontre des journalistes tchadiens pour avoir dit quelques petites vérités concernant le régime installé par le soin de la patrie de son excellence.

 

L’ambassadeur n’a rien dit de mauvais par rapport aux intérêts de son pays. Il est même, le représentant de la France le plus sincères ; le seul qui a eu le courage d’exprimer sans ambages les intentions réelles de son pays, et le meilleur représentant des intérêts de sa patrie.

 Que voulons-nous ? 

 

 La France veut que le Tchad soit ainsi, c’est-à-dire arriéré, vache laitière des intérêts de ses multinationales. La liberté de presse, la démocratie et toutes ces « petites histoires » que réclament ces « petits tchadiens » ne les préoccupent pas outre mesure. C’est ce que nous devrions comprendre.

 

Il est temps qu’on comprenne que sans une mentalité réellement patriotique, nous passerons toute notre vie à pleurnicher devant les organisations de défense de droit de l’homme pour qu’elles parlent de nous. Voilà le mot : parler de nous !

 

 Justement on parle de nous, mais pas pour nous ; on parle de notre lâcheté pour avoir laisser une minable pègre sans éthique, sans valeur morale, sans foi ; des vulgaires vandales sévirent sur un territoire aussi grand que le notre.

 

 Passe encore pour la famille régnante, ceux qui sont triés pour servir le système, comme par convexion, ont acquis et perpétuent le même comportement que leurs seigneurs.

 

Le pays va mal, n’est pas ce qu’il fallait comme appréciation pour estimer son niveau  d’arriération.

Les enseignants, les agents du secteur de la santé, bref, tout le pays est en grève y compris, tenez-vous bien, le parlement. La fâcherie de cette dernière institution nous avait fait croire, à un certain moment, qu’elle allait faire le procès du président comme celle d’Angleterre qui, en 1649, avait réclamé et obtenu la tête du roi Karl 1er.

       

Curieux qu’il y a encore des soi-disant hommes politiques tchadiens qui pensent que sans le soutien d’une force occidentale quelconque, il n’y aura aucun changement positif au pays des Sao. Y’a-t-il un seul pays au monde qui a obtenu sa souveraineté, la vraie, par le bon vouloir de la puissance colonisatrice ?

N’est-il pas temps d’être conséquent avec nous même et voir la vérité en face avec tout ce qu’elle pourrait comporter comme sacrifices y compris celui après lequel on ne pourra rien donner !

 

Bien entendu, le Tchad, en tant que nation faisant partie de ce monde a besoin du soutien de tout le monde, y compris celui de la France, pays avec lequel nous comptons  entretenir des relations étroites. Mais ces relations doivent être basées  sur  le respect mutuel et non pas des relations entre maître et esclaves.

Il est grand temps que les dirigeants français conçoivent une autre politique tchadienne que celle qui a déjà prouvé ses limites.

 

 

Albissaty Saleh Allazam

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Publié dans Actualité

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