Deby, le bâton national

Publié le par Albissaty

   Deby, le bâton national (  

                                                                             le 03/02/2005

  

 

  La majorité des hommes pensent que la fibre patriotique pourrait exister chez n’importe quel être humain. Deby, l’homme de mains de Habré, ne doit pas faire l’exception. C’est pourquoi, l’action du 1er avril, nonobstant ses vrais mobiles, a suscité  un grand espoir  y compris chez votre serviteur que je suis. Car, l’emplacement exact d’un objet dans une chambre sombre n’est connu que de celui qui l’y a placé. C’est pourquoi, aussi il faudrait un Deby pour raccourcir le séjour de Habré à la présidence tchadienne. Les circonstances de l’époque aidant, il s’est montré à la hauteur de la tâche.

 

 En fait, combien sont les opposants tchadiens ayant eu des occasions similaires à celles de Deby voire meilleures et qui n’ont pas réussi à prendre le pouvoir malgré la sincérité   de leurs volontés !

 

En effet, moins de deux ans, après sa retraite au Soudan, le voilà à la tête d’une bande de guérilleros foulant le sol de la capitale nationale. C’était le1er décembre 1990, et déjà la journée du quatre du même mois a mis au monde  le mort-né « ni or ni argent mais la liberté».

 

 Cependant, les quatorze années de gestion calamiteuse, encouragée par une opposition  politique en perpétuel dissentiment interne, ont permis au président  de se rassurer quant à l’inefficacité de l’action contradictoire de ses supposés challengers ; d’où les actes de violations des droits de l’homme qui se multiplient de manière exponentielle. Il n’est plus question, ici, d’inventorier les forfaits commis par le président, les membres de sa famille ou sa tribu. Cela n’intéresserait personne puisqu’ils sont commis  au vu et au su de tout le monde y compris les institutions internationales à vocation humanitaire, sans parler de nos donneurs des leçons en matière de démocratie que sont les  pays occidentaux.

 

Et comme si sa  mémorable déclaration «  pas des cadeaux à donner » n’a pas été bien comprise par l’opposition tchadienne et…le gouvernement soudanais qui s’est montrer solide face à la rébellion du Darfour, il se débarrasse de son encombrant masque d’homme démocrate pour  annoncer à la face du monde que « celui qui veut dire la vérité doit préparer le bâton ». Et le synonyme du terme vérité dans la bouche d’un Deby c’est la guerre. En d’autres termes, le bâton est déjà là. Ce sont les armes de Taiwan et le soutien indéfectible de la France auquel vient s’ajouter celui d’Israël dont il vient de  reconnaître devant les journalistes de la chaîne de télévision qatari, Aljazeera. 

 

Les Soudanais, qui n’ont  jamais compris ou qu’ils ne veulent pas comprendre l’opposition  tchadienne,  doivent comprendre, cette fois-ci, qu’ils sont directement visés par la dernière sortie du président tchadien. Quant à l’opposition politico-militaire qui vient d’intégrer la famille CDDC qu’il traite de « bandit » et celle de l’intérieur à qui il répète à volonté qu’« on ne crache pas sur l’assiette dans la quelle on mange » ont tout intérêt à méditer leur pacifisme.

 

Les paisibles citoyens tchadiens, quant à eux, doivent faire preuve de plus de patience pour supporter les coups des bâtons supplémentaires qui leur viennent de Taiwan et d’Israël en attend un opposant de la hauteur de Deby pour les libérer.

 

 

Dr Albissaty Saleh Allazam

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Publié dans Actualité

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