L’après Deby en question

Publié le par Albissaty

 

12-12-2005

 

L’observateur des évènements politiques de ces derniers temps remarquera avec étonnement que tout le monde ou presque n’évoque que le départ de Deby. Pire, croyant l’intéressé à un départ soft, l’on est allé jusqu’à lui faire des avances politiques les plus alléchantes : l’amnistie.

 

De comment gérer l’après Deby, personne ne bipe mot. Il semble que tous les maux du Tchad se résument en la personne du tyran.

 

Oui, nous ne faisons que répéter les méfaits du régime à longueur des journées sans aborder la question la plus importante qu’est la gestion de l’après Deby.

 

A notre avis, bien que Deby est l’ el capo de el capi de la cosa nostra n’djamenoise, il serait imprudent de focaliser tous les projecteurs sur l’homme. Au risque de choquer, nous pensons qu’il vaudrait mieux de penser à l’après Deby. Car, aujourd’hui, Deby, en tant que chef d’Etat, n’existe plus. Et ce n’est pas le retrait des forces du RDL d’Adré qui prolongera son pouvoir.

 

Deby, lui-même, sait très bien que ce n’est qu’une bataille mal organisée par le RDL; la guerre c’est dans quelques jours. Et ce n’est pas le soutien des rebelles soudanais qui changerait le cours des batailles à venir. C’est pourquoi, une fois de plus, il faut déjà penser à l’après Deby pour éviter qu’on ne retombe sur le debyisme sans Deby.

 

Il faut penser à la forme de l’Etat, à l’avenir de cette armée tribaliser et au rôle qu’elle doit jouer pour soutenir l’élan du renouveau national.

 

Il faut penser à la manière idoine pour apporter une certaine consolation aux victimes d’expropriation, de viol, et aux parents des martyrs.

 

Il faut penser à l’application stricte des dispositions de la constitution correspondantes aux peines que devraient encourir ceux qui ont eu le malin plaisir d’égarer les masses par des discours populistes et polémistes incitant les populations à la haine.

 

Pour être plus sincères, le clan a pratiqué la politique de diviser pour mieux régner, mais cette incitation à la haine était et est d’abord l’œuvre des autres. Appelons les choses par leurs noms pour ne pas corrompre la réalité des faits.

 

Le clan au pouvoir n’avait pratiquement aucun contact avec les masses qu’il méprise ; ce sont les autres qui font de la propagande pour lui. Alors, agissons vite dans ce sens. Sinon, le comité d’accueil préparé par les Erdimi, c'est-à-dire « les cadres civiles et militaires restés au pays » au nom desquels il a signé sa déclaration d’évasion, et qui sont, en fait, des parents à lui et donc de Deby,  et autres collabos zélés du régime perpétueront le système.

 

A bon entendeur salut !

 

Dr Albissaty Saleh Allazam

 

12-12-2005 

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Publié dans Actualité

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