Les tchadiens disent : les cordes du mensonges sont courtes.
Eh voilà, enfin, le tyran reconnaît que sa soldatesque a assez d’affronter un peuple qui ne lui a rien fait de mal, sauf qu’il est désarmé et sans défense. Le monde de la presse reconnaît que tout ce qu’Alwihda publie comme information concernant le régime n’est pas des pures inventions. Nos lecteurs le savent aussi, mais Deby et les membres de son gouvernement soit démentent l’information soit se taisent comme si rien n’était.
Nous l’avons toujours dit : les cordes du mensonge sont très courtes. Cet adage tchadien trouve toute sa plénitude dans l’affaire des soldats tchadiens qui ont déserté les camps pour entrer en rébellion contre leur chef qui, tout récemment encore, faisait croire à ceux qui sont disposés à l’écouter qu’il dispose d’une armée républicaine prête à défendre ses institutions.
Bref, Deby a reconnu qu’il y a bel et bien une insurrection au sein de son armée. C’est l’essentiel pour les médias, et surtout pour Alwihda que le régime et ses dealers ne ratent aucune occasion pour non seulement le démentir, mais le menace de « prison ».
Et pourtant, tout ce que nous annonçons sur nos colonnes s’avère, quelque temps après, une vérité presque scientifique. N’en déplaise aux agents de l’ANS, fille de la DDS, qui passent des nuits blanches dans leurs laboratoires de fabrication d’éphémérides toxiques, destinés à la consommation d’une opinion nationale fatiguée d’écouter.
Quand est-ce que le pouvoir et ses courtisans comprendront que les tchadiens, comme tous les peuples de la planète, ont changé ?
Quand est-ce que Deby, son clan et toute la pacotille d’intellectuels qui l’entourent comprennent que ce qu’ils racontent ne convainc personne ?
Quand est-ce que les usurpateurs du pouvoir du peuple tchadien comprendront que ce dernier n’aspire pas seulement à la paix, mais rêve de voir sa patrie devenir une réelle puissance ?
Il ne sert à rien de nous divertir par des sorties carnavalesques du genre : les « mouhadjirines » sont des terroristes (hi hi hi), ces pauvres enfants qui cherchent plutôt des protecteurs ; 3000 arabes à la frontière soudanaise qui comptent renverser le régime avec l’aide du Soudan, et en sourdine, l’imminente vengeance des sudistes contre les musulmans et toutes ses bouffonneries qu’on ne pourrait raconter aux adolescents de dix ans
Les cordes du mensonge sont courtes, et seront d’autant plus courtes lorsque le pouvoir ne dilue pas son mensonge dans des réalisations d’intérêt national.
Le stratagème est du fagot ; assemble-le avant de l’attacher. Encore une sagesse tchadienne méconnue de Deby.
Le stratagème maléfique de Deby consiste à distiller des contrevérités disproportionnées et par leur forme et par leur contenue par rapport à la réalité des faits du moment.
Mais que pourrait-on attendre de mieux d’une équipe d’illettrés et de politiciens conseillés par des intellectuels à la gomme !
Non, la république a besoin des hommes et des femmes qui connaissent le contenu de leurs discours, capables de prévenir les effets de leurs actes ; pas des mythomanes, des godillots aux services d’un arnaqueur politique qui prend ses désirs pour des réalités.
Deby, son clan et ses courtisans ont tout intérêt à accepter la réalité en tant que telle, au lieu de continuer à mentir au peuple en dissimulant la vérité.
Qu’ils sachent que rien ne restera éternellement sous le sceau du secret.
Comme pour la révolte de l’armée qu’ils ont tenté de dissimuler au peuple et qu’ils ont fini par reconnaître publiquement, ils seront obligés de reconnaître, un jour, leurs crimes contre les tchadiens.
ALBISSATY Saleh Allazam.