11 août 1960-11 août 2005, 45 de misère et 15 ans de viol avec grand V.
11 août 1960-11 août 11 août 2005, voila 45 cinq ans d’indépendance, mais aussi 45 ans de misère. Les dirigeant qui se sont succédés, l’un plus pire que l’autre, s’il y a un domaine sur lequel ils ont excellé, c’est le détournement des deniers publiques, le népotisme,…bref, bien malin est celui qui arrivera à circonscrire les méfaits de ces régimes sur un domaine précis de la vie des tchadiens
45 ans dans la vie d’une nation n’est pas une mince affaire comme d’aucuns veulent nous le faire croire. En 45 ans, des Etats faibles et désorganisés, des Etats qui ont connu des guerres civiles souvent pires que la notre, se sont relevés et ont réparé toutes les séquelles de leur douloureux passé. Pour ces Etats, il ne reste que la mémoire qui fait, en même temps, sourire et pleurer les nouvelles générations des absurdités de leurs aînés
. En 45 ans, d’autres Etats encore, ont vu le comportement de leurs dirigeants évolué du mauvais au meilleur.
Mais chez nous, que se passe-t-il ?
Au début, c’était Tombalbaye qui fut le plus mauvais des tchadiens, en instituant un régime dictatorial, népotique et que sais-je encore. Les tchadiens s’étaient révoltés contre sa tyrannie, croyant qu’avec son départ, les choses allaient s’arranger et la patrie aura un président beaucoup plus conscient du sens du devoir patriotique. De passage par Malloum, puis le GUNT, ce monstre à onze têtes qui symbolise la pagaille et la nullité gouvernementale personnifiée, voilà qu’on tombe sur Habré qui fera regretter aux insurgés contre le régime de Tombalbaye leur acte.
Comme dans un dernier sursaut nationaliste, les tchadiens ont soutenu vaille que vaille Idriss Deby, l’homme de main d’Hisseine Habré, croyant qu’à force de vivre les crimes de son patron et pour avoir exécuter lui-même certaines forfaitures, l’homme a changer, qu’il faudrait lui pardonner, puisque Dieu est pardonneur, et lui prêter main forte afin qu’il puisse renverser son tyran de maître.
Hélas ! C’est la plus grosse erreur que le peuple tchadien ait jamais commise depuis que le Tchad est appelé Tchad. L’homme s’est arrogé tous les mauvais qualificatifs sur terre en faisant siennes toutes les monstruosités humaines.
Pendant 15 ans de règne sans partage, Deby et ses parents, et quelques courtiers de mauvaises naissances, des vagabonds et des griots de tout acabit, font subir au peuple, qui leur a pourtant donné gracieusement le pouvoir, les pires des humiliations. Passe encore pour les trafiques des drogues et autre fausse monnaie, les hommes du régime tuent à bout portant, volent, violent sans être inquiéter non seulement par un peuple déplumé par des décennies de déceptions, mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce régime oublie royalement la présence de ce qu’on appelle opinion internationale qui a le devoir de lui rappeler les bonnes manières. Mais, que dis-je ! N’est-ce pas cette même opinion-là qui lui délivre des « témoignages de satisfactions » à chaque fois que la pression populaire se fasse beaucoup plus précise. Doublement bizarre puisque c’est à cette même opinion-là que le peuple tchadien représenté par ses partis politiques et ses différentes associations lèvent les yeux pour rencontrer en vain un regard de compassion.
Mais rien ne fait fléchir ce régime pour revenir à des bons sentiments vis-à-vis de son peuple.
Ni les coups d’Etats familiaux, ni les grognes des fonctionnaires, ni les pleures des parents des filles violées, absolument rien du tout.
A l’approche de son dernier mandat, tout le monde a cru que Deby saisirait cette occasion pour remplir son devoir d’homme d’Etat honnête et quitter le palais rose avec élégance. Ceci, pensent certains, lui donnera une occasion de se réconcilier avec le peuple qu’il a tant brimé. Que nenni, pendant que tout va pour le pire y compris sa santé, pendant que les partis politiques de l’intérieur comme de l’extérieur ne cessent de lui multiplier les chances pour sortir la tête baissée mais sans procès, pendant que d’autre manifeste leur ras-le-bol comme les tchadiens de Washington en ce moment même, pendant ce temps-là, le tyran s’évertue à trouver d’autres subterfuges pour perpétuer son pouvoir comme ce dernier remaniement du gouvernement qui a vu l’entrée des outsiders et des tocards à la « mangeoire nationale ». Ce dernier acte est une tentative de self-defense contre le soulèvement éminent du peuple tchadien.
Mais combien de temps tiendra t-il ?
Albissaty Saleh Allazam