Des questions, des questions, encore des questions ; rien que des questions.
Au début de cette semaine, deux évènements majeurs nous poussent à se poser des questions. Des questions, des questions, encore des questions ; rien que des questions.
Le premier évènement concerne l’évolution des relations tchado-libyennes. En effet, on apprend que le président Burkinabé, Blaise Compaoré, offrait ses bons offices pour rapprocher Deby (boudeur) de Gaddafi.
Oui, il s’agit bien de rapprocher Deby de Gaddafi et non le contraire, dans ce sens que, selon différentes sources, c’est bien ce dernier qui aurait demandé à Compaoré d’intervenir pour le réconcilier avec le tyran tchadien.
Que se passe-t-il ? Pourquoi le leader de la Jamahiriya devient brusquement si embarrassé au point de demander une réconciliation avec le satrape de N’Djamena ? Où sont-ils passés les grands principes de liberté d’équité et de justice ? Pourquoi après tant de décennies de lutte pour l’émancipation des peuples opprimés, Tripoli-la-Massada-africaine, tout d’un coup, s’écroule devant le Flavius Silva tchadien, un Flavius qu’elle a, elle-même, contribué à sa fabrication.
Que représente Deby, en terme de force, pour que le libyen entreprenne une démarche aussi étonnante qu’insensée ? Est-ce réellement le fameux Khalifa Haftar, ce Allaoui libyen qu’on dit proche des américains qui fait peur à l’homme qui, dans tous ses discours, prône la justice universelle ? Mais, Washington n’a aucun problème avec Tripoli, apparemment !
Le second évènement, c’est le coup d’Etat réalisé en Mauritanie par un officier qu’on dit proche du pouvoir. Un coup d’Etat, comme les images le démontrent, salué par les premiers concernés, c'est-à-dire le peuple mauritanien.
Alors, pourquoi la fameuse opinion internationale le condamne dès lors que les mauritaniens, les premiers concernés, l’applaudissent ? Où sont les principes de non ingérence dans les affaires intérieures des Etats et l’ « ingérence positive »? A quoi servent les institutions de l’union africaine (elle a condamné le coup de force par la voix de ses responsables) si les dirigeants africains cautionnent les dictatures en fermant les yeux sur le malheur de leurs peuples ? Comment se réalisera-t-elle cette union si l’Afrique est gouvernée par des potentats du type Ould Taya et surtout des assassins et terroristes du type Deby qui ne connaît même pas la définition du terme Etat ?
Comment comptent-on réaliser le passage d’une Afrique misérable, clocharde, meurtrière, en un continent respectable et respecté, avec à la tête des hommes incapables de lever le petit doigt pour dénoncer les exactions des peuples martyrisés par leurs dirigeants, mais promptes à diffuser des communiqués nous rappelant les bonnes manières ?
Si un coup d’Etat libérateur est un acte illégal, criminel et, par ricochet, terroriste, qu’appellerait-on les régimes qui ne se contentent pas seulement de piller leurs pays, mais assassinent leurs peuples, cultivent la haine, l’intolérance et, par-dessus le marché, violent leurs concitoyennes ?
And last but not least, Qu’est-ce que le terrorisme ? Qui est terroriste et qui ne l’est pas? Car, nous voudrions bien adopter une méthode de lutte qui renversera nos régimes sans que nous ne soyons traités des hors-la-loi ou des terroristes.
2005
Albissaty Saleh Allazam