Congrès d'opposants ou test de patriotisme
La conférence des partis politiques (patriotiques) a bien eu lieu à Paris. Les fanatiques de la patrie ont tenu leur pari. Bravant tous les dangers, ils ont surmonté les obstacles posés par le régime. N’en déplaise aux griots éhontés du clan au pouvoir et ses faire-valoir d’opposants qu’il a, lui-même, créés et émasculés ensuite.
Aller contre le tripatouillage de la constitution afin d’éviter à notre peuple la pérennisation d’un pouvoir de plus diabolique que l’humanité ait jamais connu ou accepter de se soumettre comme des marches pieds d’une horde de malfaiteurs irraisonnée et irraisonnable, qui a transformé une certaine opposition de façade en une sorte de « deuxième bureau » où le prince et les siens se défoulent quand ça les chantent, était la question.
Une opposition qui ne s’oppose que lorsque le président veuille qu’elle s’oppose est-elle une opposition ?
Le journaliste qui s’attaque à une prise de conscience positive de son peuple pourrait-il être qualifié de citoyen libre ?
Pourquoi cette conférence de l’opposition devient-elle un vrai cauchemar pour les dirigeants de la capitale, « leurs » opposants et leurs journalistes. Les citoyens honnêtes ne comprennent pas qu’un opposant qui ne cesse de matraquer le régime joigne ses efforts à ceux du régime pour la médire, par journaliste interposé.
Sans même dévoiler le vrai nom de l’auteur de l’article, il est bien aisé de remarquer que le style est loin d’être journalistique. S’il est vrai que même les grands écrivains commettent des erreurs involontaires, la misère de la culture journalistique d’un auteur est identifiable même par le profane en la matière que je suis : Structure amorphe, syntaxe vicieuse, métaphore inopportune, une analyse scandaleusement antithétique qui ne conduit nulle part; le tout enveloppé dans une défroque morale qui ne laisse aucun doute que le vrai auteur du texte n’est nullement un journaliste digne de ce nom.
La première condition à remplir pour intégrer ce groupe de professionnels, c’est la maîtrise de la langue d’expression du journal. Dans le cas qui nous intéresse, c’est le français. Il semble que ce journaliste de fortune n’est pas concerné par cette condition-là.
Franchement, Deby est en mal des communicateurs. Comme tous ses collaborateurs, les journalistes de Deby sont aussi journalistes que je suis le Dallaï Lama du Tibet, voire le prophète de l’Islam. Le journalisme, comme toute science, s’apprend au près des maîtres. Le journaliste est l’élément de la société le plus documenté, le plus averti. Et si la presse est appelée le quatrième pouvoir, c’est justement à cause de l’indépendance de l’esprit des hommes qui la pratique et la souveraineté de leur engagement. Journaliste n’est pas synonyme de griot.
Bref, allons voir ce que les grands communicateurs de Deby (ils sont deux) ont pondu comme papier dans le site de Ialtchad. « La première erreur, disent-ils, est la démission tardive du dirigeant de la CDDC. Que diable, pourquoi a t-il attendu 1 an et 4 mois ? Par ce retard, il a rendu l’histoire vieille et fade. Il n’a pas su ou n’a pas pu battre le fer quand il était chaud afin de maintenir le momentum. »
Pour Bello et son associé, la décision de Soubiane de combattre la modification de la constitution fut « fade » dès le premier jour. L’on se rappelle du fameux et brumeux article « ce que Soubiane mitonne.»
En fait, je ne crois pas qu’il est nécessaire de leur répondre sur les raisons du « retard » de cette démission. Car, pour cela, il faudrait avoir en face des personnes qui ont une certaine capacité d’assimilation des propos et, surtout, d’une certaine indépendance de réflexion, et non des fantomatiques interlocuteurs poussés par un système assassin qui s’est arrangé à faire siennes toutes les vilenies de l’homme sur terre.
« La deuxième erreur, poursuivent-ils, c’est de réduire le drame tchadien à l’obsession du MPS de modifier l’article 61. » Et donc, c’est une obsession ! Nous le prenons pour dit, et ce, dans tout ce que ce mot comporte comme sens.
Ils poursuivent « …Sauf que, cela ne lui accorde pas le passe-droit d’être la figure emblématique de l’opposition. Avant le 1er décembre 2003, nul n’a vu ni entendu l’ex-ambassadeur rappeler à l’ordre ses ex-comparses. » Maintenant, le masque est définitivement tombé. Derrière cet article, apparaît l’inquiétude de l’opposant caché, derrière le journaliste, pour sa place au sein du groupe des patriotes qui ont juré de faire face aux manigances de Deby. Mais où était ce pitoyable opposant, barbouilleur des vérités, en 1993, lorsque face à des centaines des « comparses », Soubiane, concernant la question de la sécurité, doigtait Deby, le chef des « comparses » en ces termes : c’est tes parents, c’est tes parents… empêche-les et tu verras qu’il n’y aucun tchadien, en dehors d’eux, qui commet des crimes. Le monsieur n’était même pas au courant que Soubiane a passé plus d’une année en résidence surveillée. Il ne savait pas que Soubiane allait subir le même sort que Maldoum, au début des années 90.
N’eut été la vigilance d’un certain nombre d’hommes de troupe, Soubiane ne sortira pas de la présidence vivant où il est appelé par Deby. C’était en 1992.
« La troisième erreur est la question du rapport entre la vraie opposition et Soubiane. Cette dernière accepte mal que Soubiane s’érige du jour au lendemain en porte flambeau. » Répétition d’intention tout à fait inutile, car le passage précédent prouve à suffisance que ce n’est pas Bello, mais son associé qui parle; l’opposant de Deby. Mais tout de même où est cette erreur ? Qu’elle est cette « vraie opposition (qui) accepte mal que Soubiane s’érige du jour au lendemain en porte flambeau. » ? Qui lui a dit que Soubiane voudrait être le porte-flambeau de l’opposition?! De quelle vraie opposition parle-t-il ? Quel zèle ! Mais laissons le continuer : « Il faut noter aussi que, la plupart des opposants qui ont participé à cette conférence ne représentent que leur propre personne. Pire, ils sont comme Soubiane loin des réalités du pays de Toumaï. » Ces opposants comme Soubiane sont loin de la réalité du pays de Toumaï? Alors qu’elle est la réalité du pays de Toumaï, cher opposant ?
S’ils sont loin, et même trop loin, c’est du vol à mains armées, le viol des adolescentes, le pillage des ressources nationales, les assassinats quotidiens, le proxénètisme politique, voire le proxénètisme tout court, sont loin de leur moralité intègre, de leur âme noble.
Poursuivons notre lecture : « Plusieurs d’entendre eux croient que l’ex-ambassadeur a les moyens de ses ambitions. Qu’il a peut-être des appuis politiques à Washington et à Paris. » Voilà toute la petitesse de l’âme des auteurs de l’article. Le peuple tchadien ne compte pas pour eux. Les États-unis ou la France sont-ils les maîtres des tchadiens ? Pourquoi cette insulte envers ce peuple qui les nourrit ? Pourquoi pensent-ils que la volonté des tchadiens est si insignifiante ?
L’ex-ambassadeur, messieurs les auteurs, a les moyens de ses ambitions qui ne sont autres qu’apporter un changement qui vous fait tant peur. C’est parce qu’il a ces moyens que vous ne dormez pas. Il vous provoque des hallucinations, des délires de persécution… vous fantasmez qu’il est au Soudan, que le Soudan est en train d’entraîner des hommes afin qu’il puisse marcher sur N’djamena, qu’il s’était entretenu avec Acheikh Ibn Oumar à Koutoum, la ville soudanaise du Darfour, etc. qu’est ce qui vous provoque ces délires ? N’est-ce pas la peur des moyens de Soubiane? Aura-t-on peur de quelque chose qui n’existe pas ?
Pire, vous voulez nous faire croire que le squatteur du pouvoir du peuple est entouré des anges, puisque ceux de Soubiane ont « des convictions volatiles ».
Ok, mais je ne saurais terminer sans cette petite mise au point : Soubiane, comme tous ceux qui partagent ses convictions politiques, n’est pas un déraciné prompt à servir n’importe quel quidam et changer de conviction politique dès que le régime change. Les hommes de Soubiane sont des hommes des bonnes familles, élevés et grandis dans un entourage qui connaît ce que c’est l’honneur, la dignité, la parole donnée. Un milieu qui apprécie l’homme selon ces qualités intrinsèques ci-dessus citées, et non selon sa richesse ou sa place dans la hiérarchie administrative. Malheureusement pour vous et vos semblables, et nonobstant votre persistante volonté de dénaturer, d’abâtardir la société tchadienne, cette dernière a en son sein des hommes et des femmes décidés à travailler et vivre dans l’honneur.
Ceux qui se sont retrouvés en congrès à Paris et tous ceux qu’ils représentent, et tous ceux qui ont été d’une manière ou d’une autre empêchés de participer au congrès ainsi que les vrais journalistes qui, par leurs nobles plumes, sensibilisent et les citoyens et les dirigeants à un comportement meilleur constituent la crème de l’honneur nationale. Les gesticulations des fanfarons et autres opposants stipendiés du régime ne leur feront rien.
article écrit 2005
Dr Albissaty Saleh Allazam