La propagation de la liberté constitue le meilleur espoir dans le monde.
A l’occasion de son investiture pour un deuxième et dernier mandat, Le président américain George W. Bush a fait un discours dont la teneur interpelle plus d’un tyran. Et surtout lorsqu’il dit : « la propagation de la liberté constitue le meilleur espoir dans le monde », pour nous autres tchadiens, nous ne pourrions que se réjouir.
Cette déclaration d’intention, pour un peuple meurtri par 14 années de pouvoir tyrannique, un pouvoir corrompu et corrupteur, ne pourra que le réconforter dans sa lutte pour son émancipation. Ce discours doit interpeller en premier lieu le squatteur du pouvoir du peuple qu’est Deby et la bande des délinquants politiques qui l’entourent à réfléchir plus d’une fois avant de continuer à faire fi des douleurs du peuple tchadien.
Quoi de plus rassurant lorsque le président Bush déclare que « le respect des droits de l’homme doit être plus que des concessions faites à contre cœur par des dictateurs… et que ces droits doivent être garantis par la liberté d’exprimer son dissentiment et par la participation des gouvernés à la vie publique » ?
Deby qui, en réponse aux revendications légitimes de la population représentée par ses partis politiques et ses syndicats, disait qu’il n’a pas « des cadeaux à donner » écoutera t-il cet appel ? « La politique des Etats Unis, disait le président américain, est d’encourager le renforcement des mouvements et des institutions démocratiques dans tous les pays, afin de pouvoir finalement mettre un terme à la tyrannie dans le monde ».
Mais, le Tchad est-il concerné par cette orientation politique américaine ? Un régime dont la tyrannie est érigée en système de gouvernance ; un régime pour qui, tuer, voler, violer est considéré comme des vertus ? Des dirigeants pour qui la pédophilie est une marque de virilité ? Dans quel pays au monde le président oblige-t-il un gendarme, pourtant en légitime défense, à payer le prix du sang, communément appelé Dia, pour un coupeur de route tué justement parce que ce dernier est de la tribu du président, si ce n’est le notre !
Les Etats-Unis et le mode libre doivent joindre l’acte à la parole. Autant nous sommes heureux d’écouter un discours aussi réconfortant autant notre scepticisme quant au respect de ce qui a été dit reste important. La raison de ce scepticisme est la France ; cette autre puissance occidentale et considérée comme étant le berceau du droit de l’homme, nous a habitué aux beaux discours sans lendemain.
La preuve la plus récente est l’histoire des faux billets de Bahreïn saisie en possession des hommes de Deby, en Europe et dont le témoignage courageux de Hassan Fadoul Kittir, ex-conseiller de Deby est plus qu’édifiant de la nature du pouvoir de Deby. Sans parler de la saisie en possession du conseiller de la présidence tchadienne, M. Adoum Aganaye, à l’aéroport de Düsseldorf, en Allemagne,et dont le secours d’un autre conseiller, celui-là même qui lui a signé sa lettre d’introduction, ne lui a pas empêcher d’écoper 20 ans de prison.
En évoquant les attentats du 11 septembre le président américain parlait des « idéologies qui prêchent la haine et qui couvrent les assassinats » ; on a l’impression que Bush parle du régime de Deby. Car, non seulement l’assassinat est vulgarisé, mais l’incitation à la haine reste le pilier du pouvoir. Le conflit éleveur agriculteur en est l’une des illustrations.
Le président Bush parle de la nécessité de « récompenser les espoirs des honnêtes gens et ceux qui sont tolérant » mais qu’est ce que ce régime n’a pas insinuer et inventer contre la CDDC et les partis poursuivant le même but, celui d’un changement par la voie pacifique !
Qu’est ce qu’ils n’ont pas inventé, lui et son frère de sultan qu’il a lui-même intronisé, contre des tribus entières dans le but de les dresser les unes contre les autres.
En tout cas, les tchadiens sont sûrs d’une chose : lorsque le président Bush dise aux chefs des Etats réfractaires au nouvel ordre mondial: « entreprenez ce voyage sur la voie du progrès et de la justice et les Etats-Unis seront à vos côtés », le notre ne l’écoutera jamais.
Quant à la jeunesse tchadienne et toutes les couches de la population tchadienne ne pourront que féliciter cette orientation du chef de l’Etat Américain et se tenir prêtes pour engager, avec lui, ce combat qui est le leur.
article écrit en 2005
Dr Albissaty Saleh Allazam