Pour ou contre le Tchad et les tchadiens.

Publié le par Albissaty

 

Un grand pas vient d’être franchi par l’opposition patriotique. Sa conférence a eu lieu, le Secrétariat de Suivi de la première Conférence de l’Opposition (SSCO) est élu et les résolutions, publiées.

 

Que reste t-il à faire ?

 

 Autant ils ont su, avec grandeur d’esprit, démontrer aux sceptiques et autres prophètes de l’échec qu’ils sont effectivement dignes de la confiance placée en eux par leur peuple, autant ils doivent se battre pour l’application des résolutions de la conférence. A ce niveau, je crois qu’il faudrait qu’ils soient beaucoup plus vigilants qu’ils ne l’étaient.

 Quand on fait face à un régime spécialisé en médisance, un régime qui, pour sa survie, ne lésine pas sur les moyens de répression et de chantage les plus cyniques, la démarche des patriotes pour réaliser le rêve de leur peuple doit comporter des garde-fous capables de servir, au cas échéant, à contrecarrer le comportement néfaste du tyran et ses stipendiés.

 

 D’ores et déjà, nous remarquons que des voix manipulées s’élèvent pour discréditer et les conférenciers et leur conférence. Je crois qu’il est temps d’agir promptement pour remettre de l’ordre dans l’esprit de ceux qui prennent le mal du peuple tchadien pour un jeu.

 

 En effet, la question que tout opposant, tout citoyen devrait se poser est celle-ci : Pour ou contre le Tchad et les tchadiens ?  Toute autre question, pour le moment, me parait inopportune.

De même, il est grand temps que les patriotes adoptent un comportement cohérent face à l’autre opposition qui se complait à divertir le peuple par des pamphlets périodiques, à chaque fois qu’elle perde ses vacillants strapontins  au gouvernement, et, surtout, il est temps qu’on se mette véritablement à la place des millions des tchadiens pour qui chaque jour de vécu est un miracle.

 Pour ce faire, l’application stricte et sans délais des résolutions de la conférence s’avère une urgence. Les tchadiens font  face à un système pour qui la clémence est un état d’esprit honteux, et traîner le pas  quant à l’application de ses résolutions porterait un préjudice et au sérieux des conférenciers et au peuple qui ploie sous cette impitoyable dictature clanique.

 

Mais que nous devons nous dire, en tant que force vive de la nation?

 

 A la Conférence nationale Souveraine, le défunt Naîm Sabit déclarait : « La France n’a laissé comme force vive évoluant autour d’elle que des poltrons, des ivrognes et des pédérasts… »

 Pour un politicien tchadien, cette assertion parait désobligeante, voire un outrage. Mais n’est-ce pas ce que répète l’homme de la rue, à chaque circonstance ! Ce qui nous tient d’opposition, il faut le dire, est coupé totalement de la rue, de son peuple, et ce qui parait   à première vue comme une offense de l’opposition, du moins pour une partie d’elle, n’est qu’une  « vérité de Bouki ». Le  grand patriote n’a répété  que ce que le peuple exprime du fond du coeur.

 

Un chef politique (à ne pas confondre avec un opposant tout court) est, tout d’abord, un leader de masse, une avant-garde  qui est la première à sacrifier et à se sacrifier pour une cause nationale, et non  un froussard qui se terre dans sa villa climatisée, et, au fond de cet abri, appelle ceux qu’il prétend représenter à manifester dans les rues. Des tels leaders, il n’y a qu’au Tchad.

 

Ce genre de comportement d’une soi-disant opposition démocratique est aussi condamnable que les assassinats, par le régime, des paisibles citoyens dans les rues des villes que dans les campagnes. On ne s’improvise pas leader.   

 

 A-t-on vu un seul chef d’opposition tchadien en tête de ses militants, dans une rue de la capitale, désapprouvant une politique donnée du régime ?!

 

N’a t-on pas vu comment les opposants d’autres pays dirigent leurs masses ?!

Et pourtant, les tchadiens ne sont pas plus poltrons que les peuples d’autres pays. Il suffit que, dans la rue, leurs leaders soient effectivement à leurs têtes une fois, deux fois, et  qu’on vienne nous dire que Deby résisterait à la pression. Au lieu de cela, ils s’évertuent  à trouver des « hic » aux patriotes qui ont participé à la conférence de Paris !

Et c’est justement ce comportement de cette opposition-là  que Deby aime parce qu’il constitue la légitimité de son pouvoir.

 

 Cette opposition lui sert de parafoudre contre les gronderies d’une certaine communauté internationale complice. Ses leaders, Occupés qu’ils sont  par leurs propres dividendes qui leur permettent de satisfaire leurs besoins en alcools, femmes… devraient-ils avoir une autre définition que celle donnée par cet intègre citoyen qu’est Naîm Sabit?

 

 article écrit en 2005

 

Dr. Albissaty Saleh Allazam

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Publié dans Actualité

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